Au Rwanda, les écoles appelées à créer des pépinières pour sensibiliser les enfants à la protection de l’environnement

Alors que le Rwanda intensifie ses efforts pour faire face au changement climatique et préserver l’environnement, les écoles de la Province de l’Est sont encouragées à mettre en place des pépinières d’arbres, afin de familiariser les enfants, dès leur plus jeune âge, aux pratiques de conservation de la nature.

L’appel a été lancé lors d’une rencontre organisée au Jardin de la Province de l’Est, dans le district de Rwamagana, réunissant différents partenaires impliqués dans le projet TREPA (Transforming the Eastern Province through Adaptation).

Le projet vise à renforcer la résilience de la Province de l’Est face au changement climatique en réunissant des partenaires au développement, des institutions financières, des coopératives agricoles et d’élevage ainsi que d’autres acteurs. L’objectif est de promouvoir des investissements durables et des moyens de subsistance mieux adaptés aux effets du changement climatique.

Des communautés accompagnées vers des activités durables

Parmi les participants figurait Musabende Delphine, de la cellule de Rweru, dans le secteur de Munyaga. Elle explique que TREPA a permis à sa communauté de mieux comprendre le fonctionnement des institutions financières, de développer des projets viables et d’améliorer ses conditions de vie.

Son groupe est depuis devenu une coopérative spécialisée dans la production et la commercialisation de plants d’arbres fruitiers, notamment d’avocatiers et de manguiers.

« Nous avons commencé comme un groupe, mais nous sommes aujourd’hui une coopérative. Nous produisons des plants que nous vendons afin de générer des revenus pour notre développement. Nous encourageons également les populations à planter des arbres, car ils jouent un rôle important dans la protection de notre climat. »

Musabende Delphine, qui produit des plants d’avocatiers et de manguiers.

De son côté, Nzeyimana Jean Bosco, du secteur de Murama, dans le district de Ngoma, indique que TREPA leur a permis d’acquérir des connaissances sur la création et la gestion de forêts dans le respect de l’environnement.

Il ajoute que les membres de la communauté plantent également des arbres le long des routes et sensibilisent les enfants à leur protection, notamment en leur apprenant à éviter de les endommager.

Nzeyimana Jean Bosco, qui produit et cultive des semences de champignons.

L’agroforesterie au service de la résilience climatique

Pour Birasa Patrick, directeur de ColdAid Rwanda, l’une des organisations impliquées dans le projet TREPA, le partage des connaissances entre agriculteurs et communautés constitue un élément essentiel du renforcement de la résilience face au changement climatique.

Selon lui, le projet a d’abord travaillé avec les institutions financières pour faciliter l’accès des agriculteurs au crédit, à l’épargne et à l’assurance, avant d’étendre son accompagnement directement aux agriculteurs.

« Nous avons commencé par travailler avec les institutions financières sur les prêts, l’épargne et l’assurance, puis nous nous sommes tournés vers les agriculteurs pour comprendre leur niveau de connaissance et la manière dont ils mettent ces connaissances en pratique. Lorsque les agriculteurs commencent à cultiver leurs terres, ils sont encouragés à intégrer les arbres aux cultures. »

Birasa Patrick, directeur de ColdAid Rwanda.

La Province de l’Est face aux défis climatiques

Le gouverneur de la Province de l’Est, Pudence Rubingisa, souligne que la région fait face à d’importants défis liés au changement climatique, notamment de longues périodes de fort ensoleillement et des précipitations insuffisantes.

« Vous savez que notre province connaît souvent un fort ensoleillement et que, parfois, les précipitations sont insuffisantes. La solution mise en place par le gouvernement consiste à travailler avec différents partenaires, notamment dans le domaine du reboisement. Nous nous concentrons sur les forêts publiques, les forêts communautaires, l’agroforesterie et les arbres fruitiers. »

Selon le gouverneur, l’association des arbres aux cultures et à l’élevage peut également contribuer à améliorer la nutrition des enfants comme des adultes.

Il explique que la province a commencé par former de petits groupes communautaires aux pratiques appropriées, avant d’identifier les zones adaptées à la restauration forestière et de promouvoir des systèmes agricoles intégrés associant agriculture, élevage et arbres.

Le gouverneur de la Province de l’Est, Pudence Rubingisa.

Les écoles au cœur de l’éducation environnementale

Le gouverneur Rubingisa reconnaît toutefois que le chemin reste encore long. La Province de l’Est entend accroître la productivité agricole par hectare tout en accélérant considérablement les initiatives de plantation d’arbres.

Pour lui, ces efforts doivent également s’étendre aux établissements scolaires afin que les enfants grandissent avec une véritable culture de protection de l’environnement.

Il préconise ainsi la création de pépinières qui seraient approvisionnées au sein des écoles, permettant aux élèves de participer directement à la production et à la plantation des arbres.

« Les écoles ont déjà développé une forte culture de production de fruits et de légumes, et certaines obtiennent d’excellents résultats. Ainsi, parallèlement aux légumes, mettons également en place des pépinières d’arbres et développons-les dans les écoles. »

40 millions d’arbres en deux ans

La Province de l’Est s’est fixé pour objectif de planter 40 millions d’arbres au cours des deux prochaines années, couvrant la campagne actuelle de plantation ainsi que celle de l’année suivante.

Cette vaste campagne devrait contribuer à l’adaptation au changement climatique, à la protection de l’environnement, à l’amélioration de la productivité agricole et au développement de communautés plus vertes et plus résilientes dans l’ensemble de la Province de l’Est.

En plaçant les écoles au cœur de cette stratégie, les autorités veulent surtout agir sur le long terme : faire de la protection de l’environnement une pratique quotidienne et former une génération consciente de son rôle dans la préservation de la planète.

Par Nyirahabimana Joséphine

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