SGF : Les singes bientôt indemnisés au même titre que les autres animaux sauvages protégés
Longtemps exclus du dispositif d’indemnisation des dommages causés par la faune sauvage, les singes pourraient bientôt être ajoutés à la liste des animaux ouvrant droit à une compensation financière. L’annonce a été faite par le Fonds spécial de garantie (SGF) lors de sa réunion annuelle avec ses partenaires de la Ville de Kigali.
Cette décision répond à une préoccupation croissante des agriculteurs confrontés aux destructions de cultures causées par les singes dans plusieurs régions du pays. Selon le SGF, un projet de loi actuellement en préparation prévoit leur intégration parmi les espèces protégées dont les dégâts sont indemnisables.
« Les singes constituent aujourd’hui un véritable défi dans de nombreuses localités. Ils sont présents dans 17 districts du pays, ce qui justifie leur prise en compte dans le nouveau cadre légal », a indiqué Florence Nibakure, Directrice générale par intérim du SGF.

À ce jour, les indemnisations concernent principalement les dommages causés par les animaux vivant dans les parcs nationaux, les zones protégées ou figurant sur une liste officielle établie par arrêté ministériel. Parmi ces espèces figurent notamment l’éléphant, l’hippopotame, le crocodile, le lion, le léopard, le chimpanzé, le buffle et le gorille de montagne.

Les agriculteurs saluent cette évolution. Dans le secteur de Gahanga, district de Kicukiro, Umutesi Zaituni témoigne avoir subi à plusieurs reprises des pertes causées par des hippopotames. Si une partie de ses dommages a été indemnisée, elle reconnaît avoir rencontré des difficultés administratives liées aux nouvelles procédures de paiement.

Par ailleurs, le SGF met en avant les progrès réalisés dans le traitement des dossiers. L’institution affirme avoir considérablement réduit les délais d’indemnisation, permettant désormais aux victimes éligibles de recevoir leur compensation en l’espace de deux semaines après la déclaration du sinistre.
L’organisme souligne également les résultats encourageants des mesures préventives mises en œuvre dans certaines zones à risque. À Kirehe, la construction de fossés de protection dans les secteurs de Mahama et Mpanga a permis de réduire significativement les incursions d’animaux sauvages et, par conséquent, le nombre de demandes d’indemnisation.

Si le projet de loi est adopté, les singes rejoindront officiellement la liste des animaux dont les dégâts donnent droit à une réparation financière, une mesure attendue par de nombreux agriculteurs confrontés à des pertes récurrentes de récoltes.
