La tuberculose peut toucher n’importe quelle partie du corps, et pas seulement les poumons, avertit un expert rwandais

Le Dr Yvès Habimana Mucyo, chef de la Division de lutte contre la tuberculose au Centre biomédical du Rwanda (RBC), affirme que la tuberculose ne se limite pas aux poumons et peut toucher pratiquement tous les organes du corps humain.

La tuberculose (TB), une maladie infectieuse généralement associée aux poumons, peut affecter pratiquement tous les organes du corps humain, selon le Dr Yvès Habimana Mucyo, chef de la Division de lutte contre la tuberculose au sein du Rwanda Biomedical Centre (RBC).

Bien que la tuberculose pulmonaire demeure la forme la plus fréquente de la maladie, les spécialistes de la santé expliquent que la bactérie responsable de la tuberculose peut se propager par la circulation sanguine et atteindre d’autres organes, notamment les ganglions lymphatiques, les os et les organes reproducteurs.

« Beaucoup de personnes pensent que la tuberculose n’atteint que les poumons ou les os, mais ce n’est pas le cas », a déclaré le Dr Habimana à The Bridge Magazine.

« Les ganglions enflés que l’on observe parfois peuvent être causés par la tuberculose. La maladie peut également atteindre les organes reproducteurs. Une fois que le bacille de Koch atteint les poumons, il peut se propager par le sang vers d’autres parties du corps. Partout où il se fixe, il peut provoquer la maladie. Dans certains organes, la bactérie peut rester dormante pendant longtemps, car le système immunitaire parvient à la contenir », a-t-il expliqué.

La tuberculose est causée par la bactérie Mycobacterium tuberculosis, également appelée bacille de Koch. Elle se transmet par voie aérienne lorsqu’une personne infectée tousse, éternue, parle, chante ou respire, libérant dans l’air des particules contenant la bactérie qui peuvent être inhalées par d’autres personnes.

La tuberculose demeure un défi majeur de santé publique

Selon le Rwanda Biomedical Centre, la tuberculose continue de toucher de manière disproportionnée les populations des pays en développement, où des facteurs tels que la malnutrition, la promiscuité et le manque de sensibilisation favorisent sa propagation.

Au Rwanda, la majorité des cas de tuberculose sont enregistrés chez les personnes âgées de 15 à 44 ans.

Malgré les progrès réalisés en matière de prévention et de traitement, la maladie continue de faire des victimes. En 2024, la tuberculose a causé 2,4 décès pour 100 000 habitants.

Les résultats thérapeutiques se sont toutefois nettement améliorés. Environ 96 % des enfants de moins de cinq ans atteints de tuberculose guérissent, principalement grâce au respect du traitement assuré par leurs parents ou leurs tuteurs. Chez les patients co-infectés par la tuberculose et le VIH, le taux de succès thérapeutique atteint 84 %.

Reconnaître les symptômes

Le Dr Habimana invite toute personne présentant des symptômes évocateurs de la tuberculose à consulter rapidement un établissement de santé.

Les principaux signes d’alerte sont :
• Une toux persistante pendant plus de deux semaines ;
• Des sueurs nocturnes ;
• De la fièvre ;
• Des frissons ;
• Des douleurs thoraciques ;
• Une perte d’appétit ;
• Une perte de poids inexpliquée ;
• Un gonflement des ganglions lymphatiques.

Un diagnostic précoce améliore considérablement les chances de guérison et réduit le risque de transmission au sein de la communauté.

Le témoignage d’un survivant

Eric Usengumuremyi connaît bien les difficultés liées au diagnostic de la tuberculose.

Dans un entretien accordé à The Bridge Magazine, il raconte qu’en 2014, il est tombé malade et a consulté plusieurs structures de santé avant que les médecins n’identifient enfin la tuberculose comme étant à l’origine de son état.

« Je perdais du poids de jour en jour et ma peau devenait de plus en plus pâle, comme celle d’une personne souffrant d’une grave anémie », se souvient-il. « Pourtant, je n’ai jamais développé cette toux persistante que beaucoup associent à la tuberculose. »

Son père l’a finalement conduit à l’hôpital de Kabgayi, où des examens d’imagerie ont révélé une tuberculose à un stade avancé.

« Les médecins voulaient m’hospitaliser. Bien que j’aie été gravement malade, je conservais encore des forces, car c’était la première fois que je faisais face à une maladie aussi sérieuse et mon système immunitaire était encore relativement robuste. Pendant six mois, je me rendais chaque matin à l’hôpital pour prendre mon traitement sous la supervision du personnel soignant. À l’issue du traitement, les médecins ont confirmé ma guérison complète. »

En repensant à cette période, Eric estime avoir contracté la maladie auprès d’un camarade de classe avec lequel il partageait le même pupitre.

« Je remercie Dieu de ne pas avoir contaminé mes parents ni mes frères et sœurs, alors que nous vivions ensemble et prenions nos repas en famille. Dès que le diagnostic a été confirmé, j’ai été placé en isolement pendant toute la durée du traitement », raconte-t-il.

Les progrès du diagnostic au Rwanda

Le Rwanda a considérablement renforcé ses capacités de dépistage de la tuberculose.

Selon le Dr Habimana, les anciennes méthodes de diagnostic ne permettaient de détecter qu’environ 48 % des cas. L’introduction de la technologie GeneXpert a porté la précision du diagnostic à près de 98 %, permettant ainsi une détection beaucoup plus rapide et plus fiable.

Le pays dispose aujourd’hui de 91 appareils GeneXpert répartis sur 86 sites de dépistage, dont cinq établissements de santé privés, parmi lesquels La Croix du Sud, plus connue sous le nom de Kwa Nyirinkwaya.

Dans les établissements publics de santé au Rwanda, le dépistage et le traitement de la tuberculose sont entièrement gratuits, afin de garantir un accès rapide au diagnostic et aux soins.

Les spécialistes de la santé soulignent que l’élimination de la tuberculose repose non seulement sur des technologies de diagnostic performantes, mais également sur la sensibilisation de la population, le dépistage précoce et l’observance rigoureuse du traitement. Toute personne présentant des symptômes évocateurs est invitée à consulter sans tarder le centre de santé le plus proche, car un diagnostic précoce demeure le moyen le plus efficace de limiter la transmission et de sauver des vies.

Sangiza abandi iyi nkuru

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