Le sommet sur le financement des économies africaines

Face au changement climatique, l’Afrique est en première ligne. D’après la Loss and Damage Collaboration – un groupe qui travaille pour que les pays en développement vulnérables bénéficient du soutien dont ils ont besoin en matière de pertes et de dommages liés au changement climatique, 97 % des personnes affectées par les événements extrêmes vivent dans les pays en développement.

Et ce, alors même que ces pays sont ceux qui contribuent le moins aux émissions de CO2.

Dans le même temps, la plupart des pays du continent font face à des difficultés de financement. C’est dans ce contexte, et pour tenter de répondre à ces défis, que s’inscrit le Sommet pour un nouveau pacte financier mondial, organisé à Paris les 22 et 23 juin.

« Il ne faut pas choisir entre la lutte contre la pauvreté et la lutte pour le climat. » Cette phrase prononcée par Emmanuel Macron, le 21 mai, résume l’objectif de ce sommet, dont l’idée a été lancée par le président français en novembre 2022, lors de la COP 27 en Égypte.

« Nous allons porter un agenda de réforme du Fonds monétaire international [FMI] et de la Banque mondiale [BM] pour davantage offrir de financements aux pays qui en ont le plus besoin », avait-il expliqué, en vendant ce projet comme un « choc de financement » censé poser les fondations d’une nouvelle architecture mondiale faisant converger plusieurs grandes thématiques : climat, développement et dette. À l’Élysée, l’évènement est même mis en avant comme la continuité du sommet sur le financement des économies africaines de mai 2021.

Macky Sall, le chef de l’État sénégalais, s’investit personnellement dans la réussite du sommet, aux côtés de plusieurs de ses compatriotes. Parmi eux, Oulimata Sarr, ministre de l’Économie, Makhtar Diop, directeur général de la Société financière internationale (IFC, groupe de la Banque mondiale), Papa Amadou Sarr, directeur exécutif des partenariats de l’Agence française de développement (AFD), Amadou Hott, envoyé spécial de la Banque africaine de développement (BAD) pour l’Alliance pour l’infrastructure verte en Afrique ou encore Hassatou Diop N’Sele, vice-présidente chargée des finances de la BAD.

Les pays du Sud sont en première ligne

La pandémie et la guerre en Ukraine ont eu un effet boule de neige. L’augmentation des dettes et la réduction de l’espace fiscal et budgétaire des pays déjà fragiles ont notablement affecté leur capacité à financer l’accès de leurs populations aux services de base. « De plus en plus de pays du Sud ont le sentiment qu’il leur est demandé de faire des efforts climatiques alors qu’on ne les a pas suffisamment aidés pour lutter contre la pauvreté dans un contexte de plus en plus difficile », a déploré Emmanuel Macron au sommet du G7, en novembre 2022.

Selon Paris, ce rendez-vous vise à « bâtir un nouveau contrat entre le Nord et le Sud » avec l’objectif de redonner un espace budgétaire aux pays les plus endettés ; favoriser le développement du secteur privé dans les pays à faible revenu ; encourager l’investissement dans les infrastructures « vertes » des pays émergents et en développement et, enfin, mobiliser des financements innovants pour les pays vulnérables au changement climatique.

Les pistes de réformes envisagées 

Selon Oxfam, d’ici à 2030, 3 900 milliards de dollars par an seront nécessaires aux pays à revenu faible et intermédiaire pour faire face aux pertes et dommages liés au climat, aux mesures d’adaptation et d’atténuation, ainsi qu’à leurs besoins en matière de santé, d’éducation et de protection sociale. Pour répondre à ce besoin accru, le sommet de Paris veut proposer des solutions structurelles et durables.

Certaines réformes ont d’ores et déjà été énoncées. Parmi lesquelles, le respect des engagements des pays développés d’allouer 0,7 % de leur richesse aux pays en développement, le versement de 100 milliards de dollars pour le climat, et la redistribution de 24 milliards sur les 100 milliards de dollars en droits de tirage spéciaux (DTS) promis en 2021 par les pays du G20. Mais aussi, la mise en place de réformes effectives au sein des banques multilatérales de développement (BMD). Car jusqu’à présent, les BMD ont un délai de prêts de 465 jours en moyenne, avec des capacités de financement jugées insuffisantes par rapport aux besoins réels.

Enfin, l’accent sera mis sur les sources de financement innovantes. Une nouvelle taxe sur les transactions financières (TTF) a notamment été proposée. L’intention de cet impôt peu coûteux, peu impactant sur les marchés et aux effets redistributifs forts n’est pas nouvelle. Le projet est dans les cartons de la Commission européenne depuis des années et cette taxe existe déjà dans certains pays. D’après l’ONG One, une TTF appliquée aux pays du G20 rapporterait 162 milliards d’euros par an avec un taux nominal de 0,3 % (actuellement mis en place en France), 270 milliards avec un taux de 0,5 % (le taux au Royaume-Uni).

Le sommet de Paris ambitionne de proposer des solutions pour financer ces objectifs de développement durable ODD, en allant au-delà de la question climatique. Les crises multiples leurs conséquences ont réduit l’espace fiscal et budgétaire de nombreux pays, affectant leur capacité à financer l’accès de leurs populations aux services sociaux de base. À l’issue du sommet de Paris, de nouveaux engagements pourraient être pris pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2030.

Source : Jeune Afrique

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