Comment le Roi Mohammed VI a fait du football un outil stratégique au service du Maroc

À la fois succès populaire et réussite organisationnelle, la Coupe d’Afrique des nations organisée cette année au Maroc a confirmé la place du Royaume comme carrefour entre l’Afrique, l’Europe et le monde arabe. Pour le chercheur en géopolitique Sébastien Boussois, cet événement dépasse largement le cadre sportif.

La CAN qui s’est tenue au Maroc constitue un moment historique pour le pays, bien au-delà des enjeux du terrain. La qualification du Maroc en finale a renforcé la fierté nationale et cristallisé un élan populaire inédit. L’édition 2025 s’est imposée comme un rendez-vous politique, stratégique et symbolique majeur, tant pour le Royaume que pour le règne de Mohammed VI. Par son ampleur, l’engouement qu’elle a suscité et la qualité de son organisation, la compétition a offert une vitrine du Maroc d’aujourd’hui : un pays engagé dans le développement de ses infrastructures, soucieux de son image internationale et pleinement capable d’accueillir des événements de portée mondiale, tout en se projetant déjà vers l’échéance de la Coupe du monde 2030, qu’il coorganisera avec l’Espagne et le Portugal.

Cette réussite s’inscrit dans une stratégie de long terme portée par la monarchie marocaine depuis plus de deux décennies. Elle repose sur de vastes chantiers, une modernisation économique progressive, une stabilisation interne par le développement et une volonté assumée de rayonnement international. Dans cette vision, le sport n’est pas un simple divertissement : il devient un levier de développement, un facteur de cohésion sociale et un instrument de soft power, au même titre que la diplomatie ou l’attractivité économique.
Tout au long du tournoi, l’enthousiasme des supporters et la qualité des rencontres n’ont cessé de croître, laissant des images fortes qui ont marqué les esprits bien au-delà du continent africain. En tant que compétition fédératrice, la CAN a rappelé le rôle central de l’Afrique, continent des opportunités, dans lequel le Maroc s’est réinvesti depuis plusieurs décennies.

À l’approche du Mondial 2030, cette CAN faisait office de test grandeur nature pour le Royaume. Le bilan est sans équivoque : succès populaire, organisationnel, diplomatique et médiatique. Les stades ont affiché complet, les infrastructures ont répondu aux exigences internationales et les délégations ont bénéficié de conditions d’accueil optimales. La couverture médiatique mondiale a, quant à elle, largement salué la performance marocaine.

La diplomatie par le sport
Ce résultat est le fruit d’investissements constants dans les transports (TGV, aéroports, réseaux autoroutiers), l’hôtellerie, la rénovation urbaine, la sécurité, la gestion des grands événements et la formation administrative. Le Maroc récolte aujourd’hui les bénéfices d’une politique engagée dès le début des années 2000. La CAN incarne ainsi la mise en œuvre concrète d’une stratégie étatique cohérente : celle d’un État centralisé mais stratège, capable de conjuguer modernisation, stabilité et ouverture.

Dans un contexte africain où l’organisation de compétitions d’envergure demeure souvent complexe, le Maroc s’affirme comme une exception crédible et un pôle régional de confiance. À ce titre, la CAN a pleinement rassuré les instances sportives internationales, les partenaires européens, les investisseurs et les opinions publiques, en vue de la Coupe du monde 2030.

Cette diplomatie sportive s’inscrit dans une vision plus large portée par le Roi Mohammed VI : celle d’un Maroc pivot entre l’Afrique, l’Europe et le monde arabe, apte à dialoguer sur les plans économique, culturel, politique et désormais sportif, afin de consolider sa place dans un monde fragmenté. Dans un environnement international marqué par les tensions et l’instabilité, le Royaume projette une image de continuité, de fiabilité et de maîtrise. À Rabat, le football n’est donc plus seulement un sport : il est devenu un instrument de politique publique, un facteur d’unité nationale et un puissant vecteur de rayonnement international. C’est là toute la force de la diplomatie du sport.

Sangiza abandi iyi nkuru

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Solve : *
38 ⁄ 19 =