Les journalistes appelés à traiter la santé mentale et sexuelle de manière responsable

La santé mentale et sexuelle reste un sujet encore tabou dans la société rwandaise. Ce silence entraîne souvent des malentendus, de fausses interprétations et des conséquences négatives telles que les grossesses non désirées, l’augmentation du nombre d’enfants dans des familles sans moyens suffisants pour en prendre soin, la propagation des infections sexuellement transmissibles, ainsi que des troubles liés à la santé mentale non prévenus ni traités convenablement.

C’est dans ce contexte que l’Organisation de la presse francophone au Rwanda (OPFR), en partenariat avec l’Association Santé Mentale Suisse-Rwanda, a organisé, le 19 septembre 2025, une formation à l’intention des journalistes. L’objectif était de renforcer leurs connaissances afin de mieux informer la société sur ces thématiques sensibles.

Le président de l’OPFR, M. Patrick Nyiridandi, a souligné l’importance de cette initiative :
« Cette formation permettra aux journalistes de produire des contenus plus instructifs et professionnels. La synergie entre les journalistes et les experts renforcera la complémentarité pour mieux servir la société. »

Il a par ailleurs remercié le gouvernement rwandais, à travers le Rwanda Governance Board, ainsi que l’Ambassade de France au Rwanda et l’Association Suisse-Rwanda pour leur soutien.

De son côté, Dr Patina Mulisanze, psychiatre et sexologue exerçant au Rwanda et en Suisse, a rappelé que les problèmes de santé mentale et sexuelle sont à l’origine de nombreux effets négatifs récurrents dans la société:
« Une mauvaise information ou un manque d’information conduit à des conséquences graves et destructrices. Les journalistes doivent traiter ces sujets avec rigueur et sensibilité. »

Les participants ont salué cette formation, estimant qu’elle améliorera leur manière de couvrir les questions liées à la sexualité et à la santé mentale. Michelle Iradukunda, journaliste animant une émission consacrée aux sujets peu abordés dans la société rwandaise, a partagé son experience :
« Au début, le public percevait ces thèmes comme des sujets à éviter. Mais les retours positifs des auditeurs montrent qu’en réalité, ces discussions sont nécessaires et appréciées. »

Enfin, M. Peacemaker Mbungiramihigo, représentant du Rwanda Governance Board, a rappelé les défis liés aux ressources limitées et aux tabous culturels dans ce domaine. Il a néanmoins encouragé les journalistes à continuer d’éduquer le public avec éthique, à réduire la stigmatisation et à promouvoir le bien-être communautaire à travers un journalisme responsable.

Angelique MUKAMURENZI

Sangiza abandi iyi nkuru

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