Rwanda : Des journalistes francophones outillés pour lutter contre la désinformation
Un atelier de cinq jours focalisant sur la lutte contre le discours de la haine et la désinformation, et organisé a l’intention d’une quinzaine de journalistes francophones au Rwanda, s’est clôturé vendredi, le 1 Mai 2026 à Kigali.
La formation organisée par l’Organisation de la Presse Francophone au Rwanda (OPFR), en partenariat avec l’Ambassade de France au Rwanda et l’ONG Média et Démocratie, a rassemblé des journalistes professionnels des medias issus de plusieurs organes de presse au Rwanda, en vue de renforcer leurs capacités face à la prolifération de fausses nouvelles.
Ce phénomène est actuellement amplifié par l’essor des réseaux sociaux et des plateformes en ligne, selon les animateurs de la formation.
Durant ces cinq jours, divers experts ont pris la parole pour décortiquer les multiples facettes de la désinformation et du discours de la haine en se référant notamment sur l’expérience des medias de la haine d’avant génocide perpétré contre les Tutsis en 1994
Considérée comme une menace sérieuse pour le bien-être et la cohésion sociale, la désinformation est souvent qualifiée d’« arme » capable de fragiliser les fondements d’une société, surtout lorsqu’elle est relayée par les médias.

Aurélie Royet-Gounin, Ambassadrice de France au Rwanda, a insisté sur l’importance de cette lutte soulignant que dans une démocratie, les journalistes ont une responsabilité particulière. «Les professionnels des medias bénéficient de la confiance du public dans ce contexte», a-t-elle fait remarquer.
L’Ambassadrice de France au Rwanda a également réaffirmé l’engagement de la France en faveur de la liberté d’expression, du développement des médias et du renforcement des capacités des journalistes, notamment des femmes.
Il a été observé que les médias sociaux constituent un lieu de rencontre où l’on peut échanger des idées et débattre avec respect, mais que dans certaines situations ces plateformes peuvent aussi devenir un théâtre de confrontations enflammées et d’une ignorance flagrante.
« Face aux attaques informationnelles, la vérification des faitreste également un outil puissant pour contrer les récits toxiques », a souligné la diplomate française qui s’exprimait à l’ouverture de l’atelier.

De son côté, Patrick Nyiridandi, representant-legal de l’Organisation de la presse francophone au Rwanda (OPFR) a salué l’appui des partenaires ayant rendu possible cette initiative. Il a exhorté les participants à mettre en pratique les compétences acquises, notamment en matière de vérification de l’information (fact-checking), afin de freiner la propagation de contenus trompeurs, particulièrement sur les réseaux sociaux.

Les échanges ont également été marqués par les témoignages de Peacemaker Mbungiramihigo et de Cléophas Barore, experts et anciens journalistes. Revenant sur l’histoire du Rwanda, ils ont évoqué le rôle néfaste qu’ont pu jouer certains médias dans la diffusion des discours de haine ayant conduit au génocide contre les Tutsi. Ils ont rappelé qu’à l’époque, bien avant l’essor des réseaux sociaux, les médias traditionnels constituaient déjà des canaux puissants de propagation de messages dangereux.
Un appel fort a ainsi été lancé aux journalistes : exercer leur métier avec rigueur et responsabilité, au service de l’intérêt général. « Informer ne doit jamais nuire, mais contribuer à construire une société plus unie », ont insisté les intervenants.
À l’issue de la formation, les participants ont exprimé leur satisfaction, saluant la qualité des enseignements reçus. Ils se disent désormais mieux préparés à faire face aux défis liés à la désinformation et déterminés à jouer un rôle actif dans la préservation de la cohésion sociale.
Angelique MUKAMURENZI
